Anvers, le 20 février 2019 – Au cours de l’année 2018, la qualité de paiement dans le monde des affaires belge s’est dégradée. Tandis que les factures destinées aux entreprises bruxelloises étaient mieux payées en début d’année, le comportement de paiement y est désormais moins bon qu’en Flandre et en Wallonie. C’est ce qui ressort clairement du dernier Baromètre de Comportement de paiement établi par Graydon, spécialiste en informations commerciales, en collaboration avec Unizo. Actuellement, les entreprises et les administrations belges paient près de 70 % des factures dans les délais convenus. Une facture sur dix est en défaut de paiement, payée beaucoup trop tard ou jamais. La détérioration du comportement de paiement des administrations fédérales attire particulièrement l’attention.

Après une stagnation au premier semestre 2018, la qualité de paiement a baissé au second semestre 2018. « Malgré le fait que le troisième trimestre présente un creux, la baisse a été considérable au troisième trimestre », constate Eric Van den Broele, Senior Manager Research and Development chez Graydon. « Nous avons atteint le résultat le plus bas des quatre dernières années. Cela n’a pas pu être compensé au cours des derniers mois de l’année dernière. »

Le second semestre 2018 se caractérise donc par une tendance à la baisse du comportement de paiement entre les entreprises elles-mêmes et entre les pouvoirs publics et le monde des affaires. Le Baromètre de Comportement de paiement montre que l’influence des entreprises sur cette évolution se limite à quelques secteurs, tandis que le comportement de paiement de certaines administrations joue un rôle bien plus important. Danny Van Assche, directeur délégué d’Unizo déclare : « Nous regrettons cette tendance à la baisse car l’impact de ces retards de paiement sur l’économie belge est énorme. Nous avons précédemment calculé avec Graydon que les retards de paiement coûtaient 10 milliards d’euros par an aux entreprises belges, soit l’équivalent de 20 000 emplois. Dans le domaine législatif, peu de choses ont changé depuis l’année dernière, alors il est à nouveau temps de donner quelques recommandations. Les chiffres de cette étude montrent que cette démarche est nécessaire, notamment pour les pouvoirs publics eux-mêmes. »

Bruxelles, de la tête du classement au bout de la file en termes de comportement de paiement

Sur base de l’Indice de paiement Graydon*, calculé sur base d’une pondération tenant compte des niveaux de paiement correct ou en défaut, il ressort que les factures adressées à des entreprises flamandes (indice de paiement de 103,2) sont mieux payées que les factures adressées à des entreprises wallonnes (indice de paiement de 101,4) ou à des entreprises bruxelloises (100,4). Alors que les entreprises bruxelloises excellaient en matière de paiement dans les délais de paiement au début de l’année 2018, cette tendance a changé au deuxième trimestre et est depuis restée inférieure au niveau des autres régions.

« Nous accordons également une attention particulière au comportement de paiement des administrations fédérales, dont les entités ont leur siège statutaire à Bruxelles », conclut Van den Broele. « L’influence de ces chiffres sur les comportements de paiement mesurés au niveau régional des entreprises et des administrations établies dans la région bruxelloise ne doit pas être sous-estimée pour autant.

*) L’indice a pour référence (= 100) les résultats de paiement de 2002

L’identité du mauvais payeur est plus importante que le montant de la facture

Au niveau sectoriel, il est à noter que la plupart des industries affichent un comportement de paiement allant de bon à excellent, ainsi qu’un degré élevé de constance. Ainsi, des secteurs tels que les produits chimiques, les produits pharmaceutiques et la métallurgie figurent parmi les meilleurs payeurs. Néanmoins, il existe encore des secteurs dans lesquels de nombreuses entreprises sont de mauvais payeurs à médiocres. Par exemple, plus de 25 % à 30 % des factures envoyées aux entreprises du secteur de la restauration et des débits de boissons sont souvent payées plus de 90 jours après la date d’échéance.

Outre les chiffres fournis par Graydon, spécialiste en informations commerciales, Unizo a également effectué des recherches complémentaires sur le comportement des entrepreneurs flamands et bruxellois en matière de paiement, par exemple sur les relations entre les PME et les grandes entreprises. « Il y a clairement du travail à faire à ce niveau-là », déclare Van Assche. « La conclusion selon laquelle les entreprises sont guidées par l’identité du client plutôt que par le montant des factures en suspens pour déterminer s’il paiera réellement ses factures est alarmante. »

Les pouvoirs publics ne montrent pas le bon exemple

Après une longue période pendant laquelle les pouvoirs publics se sont présentés comme un bon payeur depuis 2008, Graydon constate une forte baisse, bien qu’une correction ait été initiée au cours du premier trimestre 2018. Au cours des troisième et quatrième trimestres 2018, la baisse a encore augmenté. Le volume de factures correctement payées a chuté à seulement 34 % au cours du quatrième trimestre. À l’inverse, le nombre de factures fortement en retard a atteint les 29 % au troisième trimestre et même les 41 % au quatrième.

« Il s’agit des observations les plus faibles depuis l’année 2008. Les recherches montrent que ces arriérés proviennent notamment du ministère de la Justice et du ministère des Finances. » Van den Broele déclare : « Il s’agit d’une opportunité pour le gouvernement fédéral, car s’il parvient à appliquer à la lettre la loi sur les paiements B2B, publiée au Moniteur belge le 10 décembre 2013, cela pourrait assurer des liquidités importantes et nécessaires en permanence pour le monde des affaires belge. » Unizo est d’accord : « Nos administrations devraient au moins donner le bon exemple. Un gouvernement qui ne paie que 40 % de ses factures à temps ne peut que s’opposer à un débat sur le problème de paiement des entreprises, alors que le gouvernement devrait justement prendre l’initiative de renforcer la loi. L’étude montre clairement la nécessité d’ancrer le principe du paiement endéans les 30 jours dans la loi. »

Source: Graydon.be